La science menacée par une bulle spéculative de l’édition ?

« Les affaires liées à l’édition scientifique sont désormais sur la place publique. En 2013, Aaron Swartz se suicide à 27 ans alors qu’il encourait trente-cinq ans de prison pour avoir contourné le copyright de journaux scientifiques ; puis John « Bohannon fait valider un article erroné par 150 journaux (Le Monde du 5 octobre) ; pour ne rien dire des affaires récurrentes de rétractation, faux ou plagiat. Que se passe-t-il dans les laboratoires et les maisons d’édition ? Peu de monde réalise la portée du changement en cours et les questions qu’il soulève.

Avec l’évolution technologique, les journaux scientifiques, devenus rentables, ont été largement privatisés, et l’échange de connaissances transformé en un marché. Par fusions-acquisitions-délocalisations, six majors mondialisées (Reed Elsevier, Springer, Wolters Kluwer Health, Wiley-Blackwell, Thomson Reuters, Nature – Macmillan) ont acquis une situation d’oligopole. Et le tout-numérique a facilité l’émergence d’un nouveau modèle économique « Open Access Gold », dans lequel l’auteur supporte tous les frais à la publication (incluant les bénéfices). Commerce juteux qui a attiré une nouvelle vague d’opérateurs.(…) »