Henri Verdier, directeur d’Etalab : « L’open data ce n’est pas seulement une quantité de données »

 » Henri Verdier est directeur d’Etalab, l’établissement chargé de la plateforme d’open-data du gouvernement français. Cette plateforme, data.gouv.fr, propose les données informatiques produites par l’administration française en accès libre : résultats électoraux, documents officiels, budget, etc. M. Verdier a été nommé par Jean-Marc Ayrault en janvier (…)

En juin 2013, une directive européenne a été adoptée pour étendre la directive sur la réutilisation des informations du secteur public de 2003, qui réglemente l’open-data au niveau européen. Elle doit être retranscrite dans le droit français avant 2015, que va-t-elle améliorer ?

La France n’est pas le pays qui sera le plus impacté par la nouvelle directive, car notre droit des données publiques était déjà l’un des plus avancés en Europe. Elle donne peut-être plus d’importance encore à des principes généraux que nous poussons déjà : importance de l’open data, généralisation des formats réutilisables. De ce fait, elle appelle plutôt des inflexions de notre organisation elle-même (…)

Ça fait neuf mois que vous êtes arrivés à la tête d’Etalab. Quels sont les jeux de données libérés dont vous êtes le plus fier ? Lesquels sont très demandés et pas encore disponibles ?

Il y a eu de belles aventures, très diverses, dont nous sommes très fiers. Elles sont d’ailleurs très variées et Etalab n’en est pas toujours le seul moteur : progrès sur la transparence sur les attributaires de marchés publics, données complètes sur les cotations des fruits et légumes, réserve parlementaire, modèle de données ayant fondé le rapport sur les aides aux entreprises, effectifs étudiants, indicateurs de la qualité des soins, résultats électoraux détaillés, etc.

Mais l’open data ce n’est pas seulement une quantité de données, et encore moins une quantité de fichiers. L’essentiel est de savoir si ces données deviennent vivantes car réutilisées, c’est de construire une culture de la coopération, c’est d’apprendre à rendre des comptes. De ce point de vue, nous nous réjouissons aussi des centaines de dossiers reçus dans le cadre des concours Dataconnexions, qui prouvent que ces données sont utilisées par de nombreux innovateurs, et nous nous réjouissons de voir progresser, chaque jour, une culture de l’innovation ouverte et de l’action collaborative dans l’administration. »