In vitro, des chercheurs réduisent la trisomie 21 au silence

 » Généralement empreints de sécheresse et de rigueur, les titres des articles scientifiques ne rendent souvent pas justice à la profondeur des expériences qu’ils décrivent ni à l’ingéniosité des chercheurs qui les ont effectuées. C’est le cas d’une étude publiée ce mercredi 17 juillet dans la revue NatureSon titre, « Translating dosage compensation to trisomy 21 », masque bien le petit exploit qu’a réalisé l’équipe américano-canadienne qui en est l’auteur : réduire, in vitro, la trisomie 21 au silence (…)

Dans cette étude de Nature, les chercheurs sont parvenus non pas à retirer ce chromosome de trop mais à l’inactiver (…)

L’expérience est élégante mais, ainsi que me l’a expliqué Jean-Maurice Delabar, directeur de recherches au CNRS et responsable d’une équipe à l’unité de Biologie fonctionnelle et adaptative (université Paris-Diderot) qui travaille sur la trisomie 21, « il ne faut pas s’imaginer qu’on va demain, comme par enchantement, inactiver le chromosome supplémentaire chez les personnes atteintes de trisomie 21 » (…)

Le chercheur français veut surtout retenir dans cette étude l’outil qu’elle fournit pour examiner les chemins qu’emprunte la trisomie pour dérégler le bon fonctionnement des cellules et de l’organisme (…)

A ma demande, Jean-Maurice Delabar s’est tout de même projeté dans l’hypothèse où cette stratégie d’inactivation chromosomique serait viable : « Le principal problème dans la trisomie 21 étant cognitif, m’a-t-il expliqué, on peut imaginer de cibler les populations neuronales (…) «