Donner un nouveau souffle aux sciences participatives

« … Des coopérations étroites se nouent ainsi entre professionnels de la recherche et non-professionnels pour accélérer les travaux et créer de nouveaux savoirs. Mobilisant des milliers de personnes à travers le monde, elles aboutissent à de réels progrès scientifiques tout en procurant aux contributeurs non professionnels des rétributions qui, pour être symboliques, n’en sont pas moins réelles. Créé dès 2006 par de jeunes chercheurs, le projet Galaxy Zoo est l’un de ceux qui ont su allier la puissance des outils numériques à celle de la multitude. En quelques années, des millions d’observations ont été effectuées par des dizaines de milliers de volontaires connectés à un site Internet (http://galaxyzoo.org) qui ouvrait à leur description des images du ciel générées par divers télescopes, Hubble compris. Couplé à un forum de discussion, ce site de recherche participative a rapidement abouti à des découvertes originales et à des dizaines de publications scientifiques associant chercheurs professionnels et amateurs (…)

Les non-professionnels qui s’engagent dans ces sciences citoyennes interviennent aussi bien en tant qu’individus qu’au sein d’associations de passionnés regroupés autour d’un objet statutaire qui entre en résonance avec les recherches concernées. Ils méritent d’être reconnus et considérés pour leurs contributions à l’enrichissement des biens communs. Cela est clairement ressorti d’une récente journée d’échanges interdisciplinaires (http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?article1818) qui a permis de confronter les avantages et les limites d’une intervention de non-professionnels dans des champs disciplinaires variés (…)

Le contexte paraît propice au développement de dispositifs de recherche participative. Une instance pluridisciplinaire devrait être rapidement mise en place avec pour objectifs de faciliter la constitution de jeux de données publiques par tout groupe de personnes intéressées, mais aussi l’accès aux données issues des recherches financées publiquement, en multipliant les approches les plus innovantes pour rendre ces données scientifiques interopérables, visuellement compréhensibles et réutilisables aussi bien par d’autres chercheurs que par des amateurs éclairés (…) »

Source > lemonde.fr, Mélanie Dulong de Rosnay, Marc Lipinski, 14 avril 2014