Atingo : une nouvelle solution pour le prêt d’ebooks en bibliothèque ?

 » … Atingo pourrait changer la donne en sortant de ce modèle « papier ». La startup est la réunion de deux services, un suédois (Publit) et un autre Anglais (Axiell) qui se sont réunis pour proposer une solution originale : un espace virtuel de rencontre entre les éditeurs et les bibliothèques, le eHub.

Puisque la tarification est le coeur du problème, Atingo propose que toutes les négociations se fassent au cas par cas, avec une interface pour les bibliothèques, qui peuvent ainsi négocier les prix directement avec les éditeurs, qui ont aussi accès à la plateforme. En choisissant quels ebooks seront disponibles, à quels tarifs, et à quelles conditions, les éditeurs ne risqueraient plus en théorie de cannibaliser leurs ventes.

Les bibliothèques deviennent ainsi un nouveau canal de revenus pour les éditeurs, qui tirent non seulement des revenus de la consultation de leurs ouvrages, mais aussi du fait que cela fait connaître les auteurs. Le modèle qui prévaut alors est de considérer l’ebook comme un service et non un produit. Le système de prêt en est d’ailleurs considérablement simplifié, puisque l’ebook est considéré comme un service disponible pour un nombre illimité d’usagers simultanés, qui peuvent emprunter autant d’ebooks qu’ils désirent en même temps.

Mais c’est là que se trouve la limite de ce modèle suédois. Ce modèle de prêt fonctionne si bien en Suède qu’en septembre dernier, Publit annonçait que 6 x plus de livres avaient été distribués par les bibliothèques que par l’ensemble des circuits commerciaux traditionnels réunis en Suède (…)

Si le modèle est rentable pour les éditeurs lors du prêt (les bibliothèques payent une commission à chaque prêt), ils considèrent que cela habitue les usagers à considérer que l’ebook est un produit gratuit, et ils n’en achètent donc plus. De nombreux éditeurs ont donc changé d’approche, et proposent donc désormais les ebooks en différé, lorsque les ventes deviennent marginales, pour éviter de cannibaliser leurs propres ventes, déclenchant la colère des bibliothécaires.

Ces derniers ont l’impression que leur rôle positif (aider à découvrir des éditeurs, éditeurs et ouvrages) n’est pas du tout pris en compte, et que les éditeurs ne jouent pas le jeu (…)

Il n’y a donc toujours pas un modèle parfait qui mette tout le monde d’accord, mais bien des progrès tout de même. Les bibliothèques, qui ne peuvent pas se permettre de ne pas tenir compte du passage au numérique au risque de disparaître, et les éditeurs qui pourraient en tirer de nouveaux revenus pourraient donc finalement réussir à se mettre d’accord, à condition que les intérêts des uns et des autres finissent par converger réellement. «