Le catalogue des bibliothèques et ses données à l’heure du web

« Le point de vue de cet article est de décrire la logique du web et du web de données à la lumière des enseignements de Michel Foucault, tels qu’on peut les lire, notamment, dans Les Mots et les Choses (1966). Dans un premier temps, les données sur le web jouent le rôle que jouait au XVIIe siècle la monnaie : à la fois représentation des richesses, substitution dans le cadre d’échange différés et mesure de la valeur, en l’occurrence, de l’attention que leur attribuent les acteurs du web. Du point de vue de la gestion de l’attention, deux visions économiques s’affrontent sur le web : l’une, plutôt utilitariste, s’attache à définir la valeur du point de vue de la subjectivité humaine et du besoin, l’autre, plutôt physiocrate, cherche à transformer l’abondance d’information pour la découper et la synthétiser. Le Web de données quant à lui, reflète ces deux logiques au sein même du langage qui sert à l’exprimer : le RDF reproduit à sa manière l’attribution qui est le principe du lien hypertexte, tandis que les ontologies donnent à lire une classification du monde et des données qui le représentent. D’une certaine manière, la logique épistémologique des données massives bouleversent quelque peu la logique représentationnelle du web, leur principe fondamental n’étant plus l’analyse ou la critique, mais bien la recherche de corrélation, la mise en parallèle, le commentaire. (…)