Fraude : mais que fait la recherche ?

« Alors que le comité d’éthique du CNRS (Comets) vient de publier un guide qui vise à promouvoir l’intégrité scientifique, «CNRS Le journal» a enquêté sur les causes, l’ampleur et les conséquences des pratiques frauduleuses en science, ainsi que sur les mesures prises pour les éradiquer (…)

Un consensus international définit la fraude comme « une violation sérieuse et intentionnelle dans la conduite d’une recherche et dans la diffusion de résultats », excluant par là-même « les erreurs de bonne foi ou les différences honnêtes d’opinion 2 ». La communauté scientifique interna­tionale s’accorde ainsi pour identifier trois grands types de fraudes, connus sous l’acronyme FFP : la fabrication, la falsification et le plagiat. Fabriquer consistant à forger de toutes pièces les données d’une recherche ; falsifier, à les altérer intentionnellement de façon à les rendre plus conformes aux hypothèses que l’on privilégie ; plagier, à utiliser, voire s’approprier, les travaux ou les idées d’un autre à son insu et sans le créditer correctement.

Mais ces infractions graves à la déontologie scientifique, que certains voudraient rendre passibles de sanctions pénales 3, ne doivent pas faire oublier ce qu’un article paru dans Nature en 2005 4 appelait les petites fraudes ordinaires (misbehavior)et les négligences (carelessness), qui consistent à violer plus ou moins consciemment les bonnes pratiques scientifiques (…)

Du point de vue strictement scientifique, la pire conséquence de la fraude est l’incertitude et le doute qu’elle jette sur le corpus des connaissances acquises par la recherche. Un doute dont les répercussions ne sont pas seulement épistémologiques, mais affectent aussi la société dans son ensemble (…) »